Introduction
Le règlement sur la résilience opérationnelle numérique (DORA) s’inscrit dans une dynamique européenne visant à renforcer la stabilité du système financier face aux risques numériques. S’il est souvent associé aux grandes institutions financières, son périmètre couvre également de nombreuses PME du secteur, qui jouent un rôle clé dans la chaîne de valeur financière. Pour ces structures, DORA ne constitue pas uniquement une nouvelle exigence réglementaire. Il met en lumière une réalité opérationnelle : la dépendance croissante au numérique expose toutes les organisations, quelle que soit leur taille, à des risques susceptibles d’interrompre leur activité.
Une exposition aux risques numériques comparable, malgré des moyens très différents
Les PME financières s’appuient aujourd’hui sur des environnements numériques complexes : solutions cloud, logiciels métiers, plateformes de paiement, prestataires IT externes… Cette dépendance est comparable à celle des grandes institutions, même si les moyens humains et organisationnels pour la gérer sont souvent plus limités.
Cette exposition n’est pas théorique. Plusieurs rapports européens et études sectorielles montrent que les PME sont déjà fortement touchées par les incidents numériques.
L’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA) indique que les PME représentent une part significative des victimes d’incidents cyber. Cette situation s’explique notamment par des pratiques de sécurité et de gestion des risques moins matures que dans les grandes entreprises, ainsi que par une forte dépendance aux services numériques externalisés (ENISA – Risk Management and Good Practice Guide for SMEs).
Ces constats sont cohérents avec des analyses de marché montrant qu’environ 43 % des cyberattaques mondiales ciblent des petites entreprises, confirmant que les menaces numériques ne concernent plus uniquement les grandes organisations (Small Business Cyber Attack Statistics – Qualysec).
En France, le Panorama de la cybercriminalité publié par le CLUSIF met en évidence que plus d’une PME sur deux a été confrontée, au cours des dernières années, à au moins un incident de sécurité informatique significatif, entraînant des interruptions de service, des pertes de données ou des perturbations opérationnelles (CLUSIF – Panorama de la cybercriminalité).
-> DORA part précisément de ce constat : le risque numérique n’est pas proportionnel à la taille de l’entreprise, mais à son niveau de préparation face aux incidents.
Pourquoi la mise en conformité DORA est particulièrement exigeante pour les PME
Une organisation souvent moins structurée
Contrairement aux grands groupes, les PME ne disposent généralement pas de fonctions dédiées à la cybersécurité, à la gestion des risques ou à la conformité réglementaire. Les responsabilités sont souvent réparties entre plusieurs rôles, ce qui peut compliquer la gestion d’un incident majeur.
Une dépendance forte aux prestataires tiers
L’externalisation est au cœur du modèle des PME : hébergement, maintenance, sécurité, parfois même des fonctions critiques. Or, l’un des principes fondamentaux de DORA est clair : la responsabilité ne peut pas être externalisée. Les incidents récents survenus chez des prestataires cloud ou IT ont montré que la défaillance d’un tiers pouvait entraîner l’arrêt total de l’activité d’entreprises clientes, y compris de petite taille. DORA impose donc un encadrement renforcé des relations avec les prestataires, y compris pour les PME.
Des exigences perçues comme complexes mais proportionnées
Cartographie des risques TIC, gestion des incidents, tests de résilience, documentation : ces exigences peuvent sembler lourdes pour une PME. Cependant, DORA n’impose pas un modèle unique ni des dispositifs démesurés. Il introduit une logique de proportionnalité : Les mesures mises en place doivent être adaptées à la taille, à l’activité et au niveau de risque de l’organisation.
Ce que DORA apporte concrètement aux PME financières
Au-delà de l’obligation réglementaire, DORA offre aux PME un cadre structurant pour :
● identifier leurs processus et systèmes réellement critiques,
● anticiper les scénarios d’incident les plus plausibles,
● formaliser des procédures de gestion de crise,
● réduire leur dépendance non maîtrisée aux prestataires IT,
● démontrer leur capacité à assurer la continuité de leurs activités.
Dans un contexte où les autorités de supervision renforcent leurs contrôles, cette capacité de démonstration devient un enjeu central.
Se former à DORA : un levier clé pour piloter la résilience opérationnelle
La mise en conformité avec DORA ne repose pas uniquement sur des outils ou des procédures techniques. Elle exige une compréhension transversale de la résilience opérationnelle numérique, à l’interface de la gouvernance, de la gestion des risques, de la conformité réglementaire et des systèmes d’information. Dans cette logique, DORA s’inscrit dans une continuité avec les référentiels de management existants, notamment :
● la gestion des risques (ISO/IEC 27005),
● la gouvernance de la sécurité de l’information (ISO/IEC 27001),
● la continuité d’activité (ISO 22301).
Dans ce contexte, la formation DORA Lead Manager permet d’acquérir une vision structurée et opérationnelle du règlement, afin de :
● comprendre les exigences de DORA et leurs implications organisationnelles,
● mettre en œuvre des stratégies de résilience opérationnelle numérique,
● gérer les risques liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC),
● élaborer des plans de réponse aux incidents et de continuité d’activité,
● coordonner efficacement les parties prenantes impliquées dans la conformité.
Cette formation s’adresse en particulier aux professionnels impliqués dans :
● la gestion des risques (en lien avec ISO/IEC 27005),
● la conformité et la réglementation,
● la gouvernance IT et sécurité de l’information (ISO/IEC 27001),
● la continuité d’activité et la résilience organisationnelle (ISO 22301),
● ou la direction opérationnelle et stratégique.
Se former au rôle de DORA Lead Manager, c’est passer d’une approche ponctuelle de la conformité à un pilotage durable de la résilience numérique, capable :
● d’anticiper les risques,
● de structurer les dispositifs de contrôle,
● et de démontrer, dans la durée, la maîtrise des risques opérationnels numériques.
FAQ - Questions fréquentes
Qu’est-ce que le règlement DORA ?
Le règlement sur la résilience opérationnelle numérique (Digital Operational Resilience Act – DORA) est un règlement européen qui vise à renforcer la capacité des entités financières à prévenir, gérer et surmonter les incidents liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC).
Il établit un cadre harmonisé en matière de gestion des risques numériques, de continuité d’activité, de supervision des prestataires TIC et de gouvernance, afin de protéger la stabilité du système financier européen.
Quels sont les principaux risques couverts par DORA ?
DORA couvre l’ensemble des risques liés aux technologies de l’information et de la communication (TIC), notamment les cyberattaques, les pannes IT, les défaillances de prestataires tiers, les interruptions de service et les incidents affectant la disponibilité, l’intégrité ou la confidentialité des systèmes critiques.
Que risquent les PME en cas de non-conformité à DORA ?
Le non-respect des exigences DORA peut entraîner des mesures de supervision renforcée, des injonctions de mise en conformité, voire des sanctions administratives. Au-delà de l’aspect réglementaire, l’absence de résilience opérationnelle expose surtout les PME à des interruptions d’activité susceptibles de compromettre leur fonctionnement et leur crédibilité.
Pourquoi se former au rôle de DORA Lead Manager ?
La conformité DORA nécessite des compétences transverses en gouvernance, gestion des risques, continuité d’activité et supervision des prestataires TIC. La formation DORA Lead Manager permet de structurer ces compétences, de piloter la résilience opérationnelle numérique et de préparer l’organisation aux exigences des autorités de supervision.
DORA remplace-t-il les normes ISO comme ISO 27001 ou ISO 22301 ?
Non. DORA est un règlement européen contraignant, tandis que les normes ISO sont des référentiels volontaires. En pratique, elles sont complémentaires : les normes ISO peuvent constituer des leviers méthodologiques utiles pour structurer une démarche de conformité DORA, notamment en matière de sécurité de l’information et de continuité d’activité.
Conclusion
Le règlement DORA ne vise pas uniquement les grandes institutions financières. Il répond à une réalité opérationnelle qui concerne également les PME : la multiplication des incidents numériques et leur impact direct sur la continuité d’activité.
Pour ces structures, la conformité DORA ne doit pas être perçue comme une contrainte administrative supplémentaire, mais comme un cadre permettant de sécuriser durablement leur fonctionnement dans un environnement numérique instable.





