NIS2 vision 2026 et impact sur le marché de la cybersécurité

NIS2 : vision 2026 et impact sur le marché de la cybersécurité

À l’horizon 2026, NIS2 transforme durablement le marché de la cybersécurité : gouvernance, arbitrages budgétaires et évolution du conseil.
NIS2 vision 2026 et impact sur le marché de la cybersécurité

NIS2 : vision 2026 et impact sur le marché de la cybersécurité

À l’horizon 2026, NIS2 transforme durablement le marché de la cybersécurité : gouvernance, arbitrages budgétaires et évolution du conseil.

Introduction

La directive NIS2 marque une étape structurante dans la régulation de la cybersécurité en Europe : elle élargit le périmètre, renforce la gouvernance, et place la démonstration de maîtrise du risque au cœur des attentes. Au niveau européen, les estimations évoquent au moins 160 000 entités concernées.

 

Mais NIS2 s’inscrit aussi dans un contexte économique très concret : en Union européenne, le coût moyen d’une violation de données est estimé autour de 4,4 M€ et progresse. À l’horizon 2026, l’enjeu dépasse donc la conformité “papier” : NIS2 devient un facteur de structuration du marché (budgets, priorisation, exigences de preuve, gouvernance) et elle redéfinit la valeur du conseil.

Résumé en 5 points (Vision 2026)

1. Plus d’entités concernées ⇒ montée en charge du marché, mais sous contrainte budgétaire.

2. Priorisation ⇒ conformité progressive et démontrable (preuves auditables).

3. Gouvernance ⇒ responsabilité renforcée des organes de direction.

4. Chaîne de sous-traitance ⇒ gestion des tiers au cœur des attentes.

5. Conseil ⇒ repositionnement vers l’aide à la décision, l’arbitrage et la résilience.

Directive NIS2 : ce que ça change au-delà de la conformité

Un champ d’application élargi et mesurable

 

NIS2 couvre 18 secteurs (annexes I et II) et inclut, au-delà des opérateurs “historiques”, une partie significative de l’écosystème et des chaînes de dépendance (services numériques, prestataires, opérateurs intermédiaires critiques). En comparaison, NIS1 reposait sur un socle plus étroit, notamment 7 secteurs pour les opérateurs de services essentiels.

 

Deux catégories, une même logique : obligation + preuve

 

NIS2 distingue :


Entités essentielles (EE) : supervision plus structurée, contrôles renforcés.

Entités importantes (EI) : supervision souvent plus “a posteriori”, mais attentes de maîtrise comparables sur le fond.

 

Des sanctions dissuasives (et un enjeu direct de gouvernance

 

NIS2 formalise un risque financier clair :


● EE : jusqu’à 10 M€ ou 2% du chiffre d’affaires annuel mondial.

● EI : jusqu’à 7 M€ ou 1,4% du chiffre d’affaires annuel mondial.

 

Au-delà du montant, l’effet marché est majeur : la cybersécurité devient un sujet COMEX piloté par des arbitrages documentés (risques, décisions, responsabilités, priorisation), et non plus uniquement un chantier RSSI/DSI.

Conformité NIS2 en pratique : pourquoi le marché devient “sélectif”

Une demande durable… mais sous contrainte

 

Le mouvement de fond est clair : davantage d’entités doivent structurer leur gestion des risques cyber, et la pression de conformité monte. En parallèle, les organisations restent contraintes : selon ENISA, l’investissement “sécurité de l’information” pèse près de 9,0% des investissements informatiques (médiane 9,6%). Et côté PME, 34% indiquent qu’elles ne pourront pas demander le budget additionnel requis.

 

-> Conséquence : le marché ne se “gonfle” pas seulement en volume d’actions ; il se transforme en marché de priorisation et de preuve.

 

Vers une “conformité minimale démontrable”

 

À partir de 2026, beaucoup d’organisations vont chercher une conformité suffisante, démontrable, soutenable :

● sécuriser ce qui est critique en premier,

● réduire l’exposition “réelle” (dépendances, accès, tiers),

● documenter les décisions et les écarts,

● produire des preuves auditables (gouvernance, contrôles, tests, exercices, gestion de crise).

 

Ce n’est pas “faire le minimum” : c’est faire l’essentiel, en alignant risques, métier, budget et exigences réglementaires.

Marché du conseil cybersécurité : montée en sophistication des offres

Les offres qui prennent de la valeur en 2026-2027

 

NIS2 pousse le conseil à dépasser l’approche “liste de contrôle”. Les offres les plus demandées sont celles qui combinent :

● audit de maturité orienté risques (et pas uniquement conformité),

● gouvernance (COMEX / conseil d’administration, rôles et responsabilités, indicateurs),

● gestion des tiers et de la chaîne de sous-traitance (cartographie, exigences, contrôle),

● résilience opérationnelle (détection, réponse, continuité, exercices),

● production de preuves (dossiers, traçabilité, décisions).

 

Pourquoi maintenant ? Une hausse du risque perçue et durable

 

Le Forum économique mondial indique que 72% des répondants constatent une hausse des cyber-risques organisationnels.

 

-> Cette perception alimente mécaniquement la demande : pas seulement “être conforme”, mais “tenir” en cas d’incident, et pouvoir le démontrer.

 

Preuves attendues : 5 exemples concrets (auditables)

 

Pour éviter une conformité “déclarative”, NIS2 pousse vers des preuves tangibles. Exemples typiques :

 

1. Cartographie des risques et priorisation (méthode, critères, mise à jour).

2. Gouvernance : rôles, responsabilités, décisions COMEX documentées, indicateurs suivis.

3. Gestion des tiers : exigences contractuelles, évaluation, contrôles, suivi des fournisseurs critiques.

4. Gestion des incidents : procédures, journalisation, retours d’expérience, amélioration continue.

5. Résilience / continuité : scénarios, exercices, tests, capacité à opérer en mode dégradé.

NIS2 en chiffres - repères utiles (2026)

● ≥ 160 000 entités concernées (ordre de grandeur UE).

● 18 secteurs couverts.

● Sanctions : 10 M€ / 2% (EE) ; 7 M€ / 1,4% (EI).

● 4,4 M€ : coût moyen d’une violation de données en UE (ordre de grandeur).

● 9,0% (médiane 9,6%) : part moyenne des investissements informatiques dédiée à la sécurité de l’information.

● 34% des PME : incapacité déclarée à demander le budget additionnel requis.

● 72% : hausse des cyber-risques déclarée

FAQ - NIS2 : questions clés à l’horizon 2026

La directive NIS2 est le cadre réglementaire européen destiné à renforcer la cybersécurité des organisations critiques et importantes. Elle impose des exigences accrues en matière de gouvernance, de gestion des risques, de sécurité opérationnelle et de résilience, avec une responsabilité directe des dirigeants.

Les estimations communiquées au niveau européen évoquent au moins 160 000 entités concernées.

Non. Si les grandes organisations sont en première ligne, de nombreuses PME et ETI sont concernées dès lors qu’elles opèrent dans un secteur couvert ou qu’elles jouent un rôle critique dans la chaîne d’approvisionnement d’une entité essentielle ou importante.

Oui. NIS2 introduit explicitement la responsabilité des organes de direction. Les dirigeants doivent approuver les mesures de cybersécurité, superviser leur mise en œuvre et pouvoir démontrer leurs décisions. En cas de manquement, des sanctions financières et administratives peuvent être appliquées à l’organisation.

Dans la pratique, beaucoup d’organisations adoptent une trajectoire progressive fondée sur la priorisation des risques les plus critiques, avec une conformité démontrable et défendable plutôt que exhaustive dès la première phase.

NIS2 génère une demande durable en conseil, mais plus sélective. Les attentes se déplacent de la conformité documentaire vers :

● la priorisation des risques,

● la gouvernance cyber,

● l’accompagnement des dirigeants,

● la démonstration de résilience opérationnelle.

Les approches les plus efficaces combinent :

● une cartographie réaliste des risques et dépendances critiques,

● une gouvernance claire au niveau direction,

● des plans de résilience et de continuité testés,

● un pilotage budgétaire aligné avec les priorités métier.

Conclusion

NIS2, un tournant structurel plus qu’un texte réglementaire

À l’horizon 2026, NIS2 ne doit plus être lue comme une obligation de conformité isolée. C’est un cadre qui transforme la cybersécurité en discipline de gouvernance, avec des arbitrages budgétaires assumés et des exigences de preuve.

 

Dans un contexte où le coût moyen d’un incident reste élevé en Union européenne et où le risque perçu augmente, la question n’est plus : « comment tout couvrir ? », mais : quels risques réduire en priorité, comment démontrer la maîtrise, et comment tenir en cas d’incident ?

 

Pour les acteurs du conseil, la valeur se déplace de la production documentaire vers l’aide à la décision : priorisation, arbitrage, pilotage, résilience – autrement dit, du “livrable conformité” vers le pilotage du risque.

 

Dans cette dynamique, NIS2 redessine la cybersécurité en Europe : plus d’organisations concernées, plus d’exigences de gouvernance, et surtout une obligation implicite de démontrer une résilience opérationnelle crédible. Mais NIS2 n’avance pas seule. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de régulation, où DORA impose, de son côté, une structuration exigeante de la résilience numérique dans le secteur financier.

 

-> Pour comprendre comment articuler ces cadres et transformer l’exigence réglementaire en trajectoire de maturité, découvrez notre analyse : « NIS2 et DORA : structurer la résilience numérique avec les normes ISO ».

-> Et pour aller plus loin, découvrez notre article « Devenir expert NIS 2 : quel parcours structurer ? pour comprendre les étapes clés et les compétences à développer.

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